Shitamachi run – Le pont des larmes et Yoshiwara

Ashita no Joe in Minowa

Initialement parti pour aller voir du sumo mais n’ayant pas réservé de billets et n’ayant pas envie d’attendre dans le froid du petit matin dans l’espoir d’en obtenir un, je me suis retrouvé à me balader ente Ueno et Ryogoku. Minowa et Yoshiwara plus précisément.

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Minowa est connu historiquement pour être un ghetto. Une zone ou les parias étaient forcés de vivre, souvent de petits boulots à la journée notamment après la seconde guerre mondiale. Il en reste de nombreux mini ateliers et des associations d’entraide pour personnes sans ressources.

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C’est aussi le quartier qui sert de trame de fond à Ashita no Joe qui a même sa galerie commerçante attitrée. Qui est très fatiguée, disons le. Les rares rayons de soleil qui viennent dans la galerie viennent plus de parking que de la toiture vitrée. Ces mêmes parking qui servent de rappel pour une boutique ayant fait son temps et ayant été démolie. On est loin de l’entrain des années 70s.

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En traversant la rue, on arrive presque immédiatement dans ce qui reste de Yoshiwara. J’ai toujours voulu y mettre les pieds par curiosité, voulant voir à quoi ressemblait le « Kabukicho » historique mais sans prendre le temps jusqu’à maintenant.

Toujours red-light district aujourd’hui, on est cependant bien loin des images d’Epinal avec des prostituées attirant le chaland depuis des vitrines a barreaux de bois. Plutôt des bâtiments sans âme, des vigiles vous incitant à rentrer et des grosses voitures noires que quelqu’un est toujours en train de briquer. Et de l’eau. Partout. Une autre raison pour laquelle la prostitution se dit 水商売 ?

Le quartier en lui même a une histoire plus que triste. En plus de la traite humaine qui s’y tenait (tient), le quartier a été ravagé par les flammes plusieurs fois : en 1855 lors du grand tremblement de terre d’Edo (tremblement de terre d’Ansei), en 1923 lors de celui du Kanto, puis parles bombes incendiaires lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pas étonnant alors qu’il ne reste rien du quartier historique à part le tracé des rues.

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Lors des deux gros incendies, les bilan humain a été lourd. Du fait de la réputation du quartier, son développement n’était pas une priorité et il n’y avait pas de pont permettant de passer de ce côté d’Asakusa vers l’autre rive de la riviere Sumida, transformant l’anse de la rivière en nasse. Lors du tremblement de terre de 1855, certains trouvèrent refuge dans un temple dédié à Benzaiten et construit au centre d’étang mais 490 personnes’ majoritairement des femmes travaillant à Yoshiwara sont mortes, fautes d’avoir trouvé de la place.

Le temple existe toujours, même si les étangs ont été comblés et qu’il n’en reste plus qu’une petite mare a carpes mais leur mémoire est sauvegardée. Notamment au travers de photos d’époque particulièrement crues.

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Dans ce temple a aussi été érigée une statue a Kannon suite au Grand tremblement de terre du Kanto et des stèles décennales viennent raviver le souvenir.

Bref, une première expédition a des fins de photos/vidéos dans une des shitamachis. Intéressante pour moi mais aussi lourd. De par l’histoire, bien lourde mais aussi par le fait que ça reste des lieux de vie. Par principe, j’évite de prendre déranger les gens dans leur vie privée. D’autant plus quand leur vie n’est pas simple de base…

La suite, une autre fois. Sur les enfants d’Ueno ?

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