Coupe du monde des Startups

Le directeur de Mebiol présentant son produit.

Tous les ans à lieu la Coupe du Monde des Startups et chaque pays sélectionne un représentant lors d’épreuves qualifiantes locales. Et c’est une startup japonaise qui avait remporté le grand prix mondial l’an dernier.

Donc quand on m’a proposé d’y aller, j’ai sauté sur l’occasion

Une grand messe un peu caricaturale

Tout commence par un show de taiko alors que tout le monde prend place. Le lien entre les taiko et les startups m’échappe encore mais comparé au choix de musique par la suite, c’était sans doute la meilleure partie de la soirée. Pour le reste, c’était à base de grandes envolées de basses dignes des plus gros nanars de films d’action ou de hip-hop de base. Ca m’a rappelé Slush et au final, je me demande si ça ne fait pas partie du kit « Tout pour réussir votre conférence startup ».

En tout cas, bien mieux que ce grand frisson de malaise qui a parcouru la salle juste avant l’annonce des résultats quand l’équipe de cheerleaders de Keio Juku (des filles de 14-17 ans) sont venues faire leur spectacle. La moitié de la salle est sorti à ce moment alors qu’une grosse partie de ceux qui restaient s’est détournée de la scène.

Une discussion qui tourne en rond

Après une introduction par Anis Uzzaman, membre de l’investisseur a l’origine de l’événement et très impliqué dans de nombreuses startups, une première phase de discussion entre des représentants des sponsors platinium pris place.

Rien de bien transcendant niveau contenu, le credo classique des startups mais quelques perles :

  • les startups japonaises devraient arrêter de se concentrer sur le Japon, ne serait-ce que parce que le marché principal est ailleurs mais aussi parce que c’est nécessaire d’avoir une masse critique dans l’IT aujourd’hui ainsi que pour mieux cerner les clients
  • elles doivent également arrêter de se concentrer sur des recrutements concentrés exclusivement sur le produit. Il y a eu un boom du recrutement international dans l’informatique ces dernières années mais pour avoir une vrai approche diverse, les startups doivent aussi recruter pour les autres fonctions pour limiter l’approche purement japonaise de leur entreprise.

Sur ce dernier sujet, on sent bien que tout le monde n’est pas prêt, à commencé par le speaker. Parmi les intervenants se trouvait le CEO de Microsoft Japon. Un Japonais d’origine étrangère (a combien de génération, je ne saurais le dire). Et ça a littéralement fait buggé le speaker qui dès qu’il l’a pu s’acharnait sur les étrangers, l’anglais… Et se faisait à chaque fois recadrer par le CEO de Microsoft et par les deux autres participants.

Il y a encore du boulot. Mais chapeau a M. Hirano de Microsoft qui a bien mieux mené la discussion que celui qui était sensé le faire.

La compétition elle-même

Dix startups participaient. Le principe est simple : 30 secondes de vidéo de présentation, 3 minutes 30 de pitch en anglais et 1 minute 30 de questions par le jury. Avant que ne retentisse un « Time’s up » bien strident qui a marqué les esprits bien plus que la majorité des pitchs.

Il y avait 10 startups en lice :

  • Seven Dreamers avec Laundroid, une machine qui plie automatiquement le linge (Plus d’info en anglais sur Disrupting Japan). Pitch bien rodé. 12 ans de développement du produit !
  • Folio, Investissement en bourse (Japon seulement) et gamification. Je n’ai pas vraiment compris le produit et le jury non plus apparemment
  • Aising et son DBT, en gros une puce pour déployer des solutions d’intelligence artificielle dans des plateformes IoT. Rien de spécial a signaler, une des très nombreuses entreprises japonaises travaillant sur le sujet
  • Colorfulboard avec Sensy :  Analyse de données pour marketing. Veut créer un IA personnel pour tous mais n’est pas clair du tout sur qui est sa clientèle. Accueil assez froid du jury. La première question étant « en quoi vous pensez avoir quoique ce soit d’original par rapport à la compétition à l’international ? » suivi d’un gros blanc.
  • Unibo, un petit robot d’assistance et de conversation, notamment a destination des personnes âgées et/ou atteinte d’Alzheimer. Déjà prévu à la vente la semaine prochaine.
  • Mebiol qui a conçu et testé un film d’aide a la croissance pour l’agriculture en terrain défavorable. CEO avec un petit air de Capitaine Picard dont l’anglais est un peu faible mais on sent sa passion. Produit testé au Japon, en Chine, dans le désert…
  • Receptionist qui, comme son nom l’indique, est un produit pour aider les réceptionnistes. Il me semble y avoir déjà eu affaire lors d’un entretien récent. Seule startup créée et dirigée par une femme lors de l’événement. (Pas moyen de trouver leur site web)
  • Money design : solution d’investissement automatisé (robot financial advisor) ciblant les jeunes ou ceux plutôt frileux a investir. (A fait l’objet d’un épisode de DisruptingJapan récemment). La boite a l’air de bien marcher mais ressemble a tellement d’autres que c’est dur d’y trouver de l’intérêt. Les seuls a venir avec une vidéo en japonais pour la compétition internationale.
  • Real World Games : créateur de jeux utilisant la réalité augmentée type Pokémon Go. intéressant pour moi car la première startup à laquelle j’ai participé au Japon en 2014 était exactement sur le même créneau.
  • Empath : une solution d’analyse des émotions dans la voix. Marché cible : toutes les solutions connectées type Amazon Echo… pour faire le lien entre le client et les plateformes d’achat en ligne. (Idem, pas moyen de trouver leur site)

Au final, on balaie tous les sujets à la mode des startups : AI, fintech, analyse d’émotions. Deux boites sortent du lot, Laundroid et Mebiol par le sérieux qu’ils ont mis dans leur développement, le tout sans faire du flashy juste pour le plaisir.

Mebiol, une des deux startups récompensées

C’est donc sans surprise que ce sont les deux vainqueurs. Mebiol repart avec le prix CAC et un chèque de 50 millions de yens (400 000 euros) et Laundroid représentera donc le Japon à la Startup World Cup.

Le robot plieur de linge de Seven Dreamers
Le robot plieur de linge de Seven Dreamers

Le mot de la fin

C’était un aperçu intéressant au final, assez typique des gros événements startups que j’ai pu faire jusqu’a maintenant mais sans vraie surprise ou découverte. Quelques rencontres sympathiques dans la salle car comme souvent, c’est en marge des évévements qu’ont lieu les vrais échanges.

A voir si Laundroid arrivera a répéter l’exploit de l’an dernier et de placer une entreprise japonaise en tête de la compétition.

Personnellement, j’aimerais juste qu’ils prennent le temps de regarder mon CV qui dort sur leur bureau depuis deux mois…

L’occasion de rappeler que je suis aussi sur Twitter et que je Live Tweete régulièrement ce genre d’événement sans en faire nécessairement un article de blog.

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